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microbiote système immunitaire

Immunité : le rôle-clé du microbiote intestinal

On ne le sait pas forcément mais la majeure partie de nos cellules immunitaires est située dans notre intestin. Cet organe joue donc un rôle majeur pour aider l’organisme à se défendre des agressions extérieures.

Pour bien fonctionner, le système immunitaire intestinal collabore étroitement avec le microbiote intestinal. En effet, les 100 000 milliards de bactéries présentes dans le microbiote intestinal contribuent à empêcher les bactéries pathogènes de coloniser l’intestin. C’est ce qu’on appelle « l’effet barrière ».

Une alimentation déséquilibrée, le stress, la fatigue peuvent entraîner une fragilisation de notre immunité. Certains âges de la vie, la petite enfance et la vieillesse notamment, influencent également nos capacités de défense.

Comment renforcer notre système immunitaire et mieux résister aux infections ? En comprenant mieux la façon dont il fonctionne et les éléments nutritionnels dont il a besoin…

Qu’est-ce que l’immunité ?

L’immunité, c’est le capital protection de notre corps ! Il s’agit de notre capacité à résister aux agressions extérieures, c’est-à-dire à toutes les substances étrangères qui menacent le bon fonctionnement de notre organisme. Notre environnement est peuplé de micro-organismes auxquels le corps humain est constamment exposé. Microbes (virus, bactéries) et corps étrangers (pollen, allergènes…), ces micro-organismes peuvent s’avérer dangereux pour notre santé. Le corps humain est un milieu propice à leur développement, c’est donc tout naturellement que les micro-organismes cherchent à s’y infiltrer ! Notre corps met en place des mécanismes de protection via le système immunitaire.

Pour faire face aux micro-organismes agressifs, notre système immunitaire met en place 2 types de réponses : l’immunité innée et l’immunité adaptative. Ces deux réponses interviennent lorsqu’un ou plusieurs antigènes ont été identifiés comme « étrangers » à notre corps.

  • La réponse immédiate, appelée « immunité innée »

Notre corps dispose de barrières physiques pour faire face aux invasions. Elles sont situées au niveau de la peau et de la muqueuse digestive (une surface protectrice d’environ 300 m2 !). Si celles-ci sont insuffisantes, une réponse immédiate se déclenche. C’est la première réaction de notre système immunitaire face aux agressions appelée immunité innée. Celle-ci détecte les micro-organismes envahisseurs grâce à la reconnaissance immédiate de leurs caractères invariants.

  • Le système de défense spécifique se met en place après quelques jours. Il est appelé « immunité adaptative »

Si l’immunité innée ne suffit pas à bloquer l’invasion des micro-organismes, une deuxième réponse immunitaire se déclenche environ 96 heures après le contact avec le corps étranger. Celle-ci est appelée « immunité adaptative » : c’est une réaction spécifique à chaque micro-organisme. Notre système immunitaire reconnaît les antigènes présents et dirige son attaque directement vers eux, de façon systémique (c’est-à-dire en ne se limitant pas à la zone de contact mais en se déployant dans notre organisme). Particularité de la réponse adaptative ? Elle possède une mémoire des agressions ! Ainsi, à chaque nouvelle exposition à un agent pathogène déjà rencontré, notre corps réagira plus fortement et plus vite.

L’écosystème intestinal : au coeur de notre système de défense

L’intestin n’est pas qu’un organe dédié au transit des aliments. Il joue également un rôle-clé au niveau immunitaire.

En effet, l’écosystème intestinal est composé de 3 éléments qui fonctionnent en synergie et qui chacun à leur niveau vont intervenir dans le processus de défense. Il s’agit du microbiote intestinal, de la muqueuse intestinale et du système immunitaire intestinal.

  • Le microbiote intestinal et ses quelques 100 000 milliards de bactéries contribue à nous protéger contre les bactéries ennemies par l’effet barrière et le renforcement du système immunitaire.

A la naissance, le système immunitaire de l’enfant est encore immature. Ses premiers contacts avec les micro-organismes extérieurs proviennent de l’accouchement (lorsque l’accouchement est par voie basse). Puis son interaction avec l’environnement (via la respiration, l’allaitement, l’alimentation, le toucher, etc.) permet à différents micro-organismes de coloniser son microbiote intestinal. Un phénomène loin d’être nuisible, puisqu’une majorité de ces bactéries permettent le développement d’une flore équilibrée, qui participe à la digestion et à l’immunité tout au long de notre vie1. Des études récentes ont notamment mis en exergue l’influence d’un microbiote intestinal trop peu diversifié sur les dysfonctionnements du système immunitaire à l’origine de certaines pathologies auto-immunes. 

  • La muqueuse intestinale par son étanchéité va empêcher les microorganismes inopportuns de pénétrer dans l’organisme. Elle joue un rôle de « filtre ».
  • Le système immunitaire intestinal assure la défense de l’organisme face aux agresseurs.

 

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Le fonctionnement du système immunitaire est influencé par différents facteurs tout au long de notre vie. Cette influence peut être soit positive, permettant ainsi à la réponse immunitaire d’être plus efficace et plus rapide. Mais elle peut également être négative avec une réponse immunitaire qui perd en performance : moins réactive, moins adaptée et donc moins efficace… D’où une sensibilité plus forte aux microbes et virus hivernaux par exemple !

Parmi les principaux facteurs identifiés actuellement :

  • La composition du microbiote intestinal

Les 100 000 milliards de bactéries présentes dans le microbiote intestinal jouent un rôle essentiel dans le développement et la régulation du système immunitaire. Lorsque ce microbiote est en déséquilibre en raison d’un stress, d’une alimentation déséquilibrée ou encore de la prise de médicaments, le fonctionnement du système immunitaire peut en être affecté.

  • Le vieillissement3

Avec l’âge, les réponses immunes innées et adaptatives deviennent moins performantes. Les barrières physiques aussi sont altérées : modification de la peau, des muqueuses et du microbiote intestinal. Résultat ? Les personnes âgées sont plus sensibles aux infections, notamment bactériennes et hivernales (infections pulmonaires, infections urinaires, grippe, etc.).

  • L’activité physique3

Alors qu’une activité physique modérée a un effet positif sur notre immunité, un exercice physique intense l’altère dans certaines situations.

  • Le stress4

Les pics de stress chroniques enclenchent une production de cortisol, d’où un effet négatif sur l’immunité. Cette hormone favoriserait la dérégulation de notre réponse immunitaire.

  • Le tabagisme5

Qu’il soit actif ou passif, le tabagisme influence à la baisse notre réponse immunitaire.

  • L’alimentation6

Les déficits nutritionnels altèrent nos réponses immunitaires et renforcent le risque d’infection. Les raisons ? Un apport insuffisant en protéines, essentielles dans la production de cellules immunitaires et dans la destruction des pathogènes. Mais aussi des déficits en micronutriments comme les vitamines (A, D, C, B6, B9 ou B12) ou les minéraux (fer, cuivre, zinc, sélénium), qui sont impliqués dans les différentes étapes de notre réponse immunitaire. L’importance de l’alimentation dans la qualité de la réponse immunitaire a été reconnue grâce à des données épidémiologiques et cliniques. Constat étonnant : si la sensibilité aux infections augmente chez les personnes dénutries, des effets d’altération immunitaire sont aussi visibles chez les personnes souffrant d’obésité ou en situation de « suralimentation ».

Alimentation et immunité

Les déficits en micronutriments prédisposent au développement d’infections : un apport suffisant en vitamines A, D, C, B6, B9, B12, fer, cuivre, zinc, sélénium est essentiel pour la réponse immunitaire.

Comment renforcer ses défenses ?

Pour conserver un système immunitaire performant, l’alimentation est centrale7. Le rôle des vitamines et minéraux sur le fonctionnement des réponses immunitaires est décisif. Mais pas seulement. Certaines souches probiotiques, en modulant la composition du microbiote intestinal ou encore en interagissant avec les muqueuses et le système immunitaire participent également à renforcer les défenses naturelles.

  • Les micronutriments, comme la vitamine C, le zinc, le fer ou la vitamine D, contribuent à renforcer nos défenses immunitaires. Boudin noir, viande de bœuf, lentilles, haricots blancs, pois chiches, laits fermentés enrichis en vitamine D, sardines, amandes, noisettes, huile de colza, huile de noix, sans oublier les fruits et légumes de saison : les aliments bénéfiques pour l’immunité sont nombreux !
  • Une activité physique régulière participe à diminuer les risques d’infection, en particulier au niveau des voies respiratoires supérieures.
  • Les probiotiques se révèlent de précieux alliés pour notre immunité, de par leur action bénéfique sur le microbiote intestinal. Administrées oralement en quantité adéquate, certaines souches de probiotiques modulent les mécanismes de défense assurés par nos muqueuses et notre système immunitaire.

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui – administrés en quantité adéquate – modulent la composition du microbiotes intestinal pour de nombreux bénéfices sur la santé8.

Présents dans les aliments ou introduits sous forme de compléments alimentaires, les probiotiques confèrent une protection plus forte face à certaines infections virales récidivantes. Réduction de la sévérité et de la durée des infections du tractus respiratoire9, diminution de l’incidence et de la durée des gastroentérites (en particulier chez l’enfant)10 : les bénéfices des probiotiques ont été constatés par de nombreuses études scientifiques.

Ainsi, certaines populations plus fragiles, comme les enfants et les personnes âgées pourront avoir des besoins spécifiques en certains micronutriments protecteurs et en probiotiques, particulièrement avant l’hiver, pour renforcer leurs défenses. Un apport en probiotiques pourra également être utile, en complément d’une antibiothérapie, pour restaurer les propriétés du microbiote intestinal qui peuvent avoir été altérées.

VIDEO IEDM : Boostez vos défenses, des solutions naturelles

Comprendre simplement et en quelques minutes comment fonctionne le système immunitaire et les solutions naturelles existants dans notre alimentation pour renforcer son action de protection.

Références

  1. Braly J-P. Sans microbes, pas d’immunité efficace. La Recherche mensuel n°468, octobre 2012, p. 48.
  2. C. De Filippo et al., PNAS, 107, 14691, 2010.
  3. Roitt I, Rabson A. Immunologie médicale. L’essentiel. Maloine, 2002.
  4. Pizzorno JE Jr, Murray Michael T (Ed). Textbook of Natural Medicine, Churchill Livingstone, États-Unis, 2006, p. 645-654.
  5. Starnbach MN (Ed). The truth about your immune system ; what you need to know, President and Fellows of Harvard College, États-Unis, 2004.
  6. Wintergerst ES et al. Contribution of selected vitamins and trace elements to immune function. Ann Nutr Metab 2007 ; 51:301-23.
  7. Roberfroid MB, et al. Aliments fonctionnels. Paris : Tec et Doc, 2008.
  8. Agence française de Sécurité Sanitaire des Aliments. Effets des prébiotiques et probiotiques sur la flore et l’imunité de l’homme adulte. 2005.
  9. Vouloumanou EK, Makris GC, Karageorgopoulos DE, Falagas ME. Probiotics for the prevention of respiratory tract infections : a systematic review. Int J Antimicrob Agents 2009 ;34:197-10.
  10. Colbere-Garapin F, Martin-Latil S, Blondel B et al. Prevention and treatment of enteric viral infections : possible benefits of probiotic bacteria. Microbes Infect 2007 ;9:1623-31.

 

Article mis à jour le 19 janvier 2017