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modèle méditerranéen

Impact du régime méditerranéen sur le microbiote

Il est aujourd’hui reconnu que le régime alimentaire est un facteur clé influençant la composition du microbiote intestinal et sa production de métabolites. A titre d’exemple, le régime occidental caractérisé par un apport en graisses saturées, en sucre et en protéines animales conduit à une composition du microbiote qui a été associée à certaines maladies chroniques comme l’obésité. Quelle est l’influence sur le microbiote du régime méditerranéen dont le rôle protecteur a été prouvé  dans la prévention de maladies cardiovasculaires, métaboliques, neurodégénératives ou encore de certains types de cancer [1]?

Le modèle alimentaire dit « régime méditerranéen » se caractérise par une abondance d’aliments d’origine végétale, synonyme de quantités importantes d’acides gras mono et polyinsaturés, de fibres, de polyphénols et autres antioxydants, et une consommation modérée de produits d’origine animale [2].

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Chez des patients atteints d’obésité et présentant une dysbiose, la consommation du régime méditerranéen sur de longues périodes a été associée à une diminution de la concentration sanguine de triglycérides  et à une restauration du microbiote intestinal se rapprochant de celui de personnes métaboliquement saines, notamment marquée par une augmentation des genres bactériens dégradant les glucides (Bacteroides, Prevotella, Roseburia, Ruminococcus et Faecalibacterium) [3]. Le  régime méditerranéen a également été associé à une diminution des souches pathogènes d’Escherichia coli et à une augmentation du ratio « Bifidobacterium / E.coli » considéré comme un indicateur d’équilibre du microbiote intestinal [4].

Chez des individus sains, une bonne observance du régime méditerranéen a été  associée à une augmentation des taux d’acides gras à chaines courtes (AGCC). Cette augmentation pourrait être la double conséquence d’une consommation plus importante de fibres alimentaires et d’une prolifération des bactéries du genre Prevotella [1] ainsi que des Firmicutes ayant la capacité de dégrader les fibres alimentaires non digestibles.

Petit point sur les AGCC Les AGCC sont produits suite à la fermentation par les bactéries de fibres alimentaires. Ces molécules sont considérées comme des modulateurs de l’inflammation, importants pour le maintien de la muqueuse intestinale. En effet, elles peuvent inhiber le facteur de transcription NF-kB impliqué dans la réponse inflammatoire et favoriser la différenciation des lymphocytes T régulateurs. Ces AGCC interviennent aussi dans le contrôle du stockage des graisses et dans la régulation du cholestérol et du glucose. Au-delà de leur rôle dans le métabolisme énergétique, les AGCC peuvent aussi limiter la prolifération cellulaire dans un contexte tumoral [5].

D’autres études menées chez l’homme se sont intéressées à certains composants du régime méditerranéen comme les polyphénols ou les fibres. Elles ont montré une amélioration du statut métabolique, du profil lipidique, et de l’inflammation de personnes atteintes d’obésité qui pourraient être la conséquence de l’augmentation des Lactobacillus, Bifidobacterium et Prevotella et d’une diminution des Clostridium [6].

A la lumière de ces éléments, il semblerait donc que les effets bénéfiques du modèle alimentaire méditerranéen soient en partie liés à son impact sur la composition du microbiote intestinal.

References

[1]    Gutiérrez-Díaz I, Fernández-Navarro T, Sánchez B, Margolles A, González S. Mediterranean diet and faecal microbiota: a transversal study. Food Funct 2016; 7(5): 2347–56
[https://doi.org/10.1039/c6fo00105j][PMID: 27137178]

[2]    Dossier thématique : régimes alimentaires et microbiote intestinal. La revue des microbiotes n°9 2017.

[3]    Haro C, García-Carpintero S, Rangel-Zúñiga OA, et al. Consumption of Two Healthy Dietary Patterns Restored Microbiota Dysbiosis in Obese Patients With Metabolic Dysfunction. Mol Nutr Food Res 2017
[https://doi.org/10.1002/mnfr.201700300.][PMID: 28940737]

[4]    Gao X, Jia R, Xie L, Kuang L, Feng L, Wan C. Obesity in school-aged children and its correlation with gut E.coli and Bifidobacteria: A case-control study. BMC Pediatr 2015; 15: 64
[https://doi.org/10.1186/s12887-015-0384-x][PMID: 26024884]

[5]    Papillon E, Bonaz B, Fournet J. Acides gras à chaine courte : effets sur le fonctionnement gastro-intestinal et potentiel thérapeutique en gastroentérologie. Gastroentérologie Clinique et Biologique 1999; 23(6-7): 761.

[6]          Singh RK, Chang H-W, Di Yan, et al. Influence of diet on the gut microbiome and implications for human health. J Transl Med 2017; 15(1): 73
[https://doi.org/10.1186/s12967-017-1175-y][PMID: 28388917]